La presse

Extraits

…Ce superbe monologue est né du travail de Marie Pierre Bésanger avec une dizaine de femmes. En un an et demi d'ateliers d'écriture et de parole, un constat : Parler de la douleur, c'est aussi parler de sa relation à la maternité, de doute, d'isolement ou d'espoir, aborder des sentiments jamais à l'abri des intempéries…

(A propos du Groenland)

Sophie Cachon - Télérama

Enrichir le théâtre par l’expérience puisée à même la vie. Et, en retour, apporter de la vie dans des existences usées grâce au théâtre. Voilà, en somme, ce à quoi se livre Marie-Pierre Bésanger qui arrive tout droit de France. Cette directrice de troupe et metteur en scène a choisi d’intégrer un certain humanisme à sa pratique artistique. "Je commence toujours le théâtre au dehors, en vivant des expériences avec des gens qui ne sont pas des comédiens. Une fois nourrie de cette expérience vécue, de ces sensations partagées, je monte un spectacle théâtral auquel je fais participer quelques-unes des personnes qui ont partagé l’expérience", indique-t-elle. "Pour ma part, je désire parler notamment à ceux qui n’y vont jamais.  Le but de ce projet est d’apporter à la vingtaine de personnes démunies, recueillies par l’association, un espace d’expression. L’artiste française leur a fait enchaîner les exercices, en les dirigeant un peu à la manière de ce qu’elle fait avec les acteurs. "Je prête attention à l’univers de chaque personne du groupe. Je les écoute et je les guide vers une parole, qui peut devenir artistique, et qui est faite bien sûr de leurs vies, mais aussi de leurs rythmes, leurs langues, leurs silences, leurs façons de se mouvoir..." 
 Visiblement touchée par cette expérience, elle affirme qu’il y a eu pour chacun d’eux un moment d’émotion très puissant, un moment de vérité humaine qui, bien au-delà de leur propre singularité, pourrait être un vrai moment de théâtre. D’autant que certains ont vécu des tragédies majeures qui ont façonné leur manière de penser. 

Zena Zalzal - L'Orient Le Jour - Beyrouth

…A peu de choses près, ce sont les personnages de "Woyzeck" et l’Homme n’est pas sans faire penser au héros de la pièce inachevée de Büchner. C’est lui cette "forteresse muette au milieu des machines" dont parle la Femme,

un personnage qui jusqu’au bout gardera une part de mystère.

L’ouvrière narratrice comme la jeune fille sont attirées par cet homme qui ne ressemble pas aux autres, bien qu’il soit comme eux tous un "presque rien", un "pas grand-chose" dit la Femme. La Jeune Fille s’enfuira, l’ouvrière plus âgée, à force de l’observer et de nous le raconter, finira par accueillir l’Homme avec crainte comme un chien devenu sauvage après avoir été battu, "il est tellement dangereux toujours d’espérer" avance-t-elle, prudente.

La parole de la narratrice coule doucement comme les larmes d’une femme émue et, en face d’elle, le bloc de chair et les silences de l’Homme forment ensemble une atmosphère prégnante qui nous attire dans son ressac…
(A propos de Permafrost, à la Maison des métallos)

Jean-Pierre Thibaudat - Rue89

 

Le Groenland est comme un bloc de glace en pleine figure, un pur bloc de vérité qui ne saisit pas que les femmes.

Daniel d'Almeida - La Montagne

 

…Un spectacle intimiste de toute beauté. Seize séquence jouées dans un ordre différent chaque soir. Le spectateur ne saura jamais s'ils se sont aimés ou s'ils vont s'aimer. La brisure du temps et du mode de narration place "Mario et Lyse" dans un espace incertain, entre réalité et pur imaginaire. Un bonheur de délicate fragilité…

Céline Jacq - Le lien social

 

…Avec Permafrost, Marie-Pierre Bésanger signe un tableau délicat, nuancé, vibrant, de murs à dépasser, ceux de la peur, ceux du silence, ceux des préjugés. La sobriété de la mise en scène, la scénographie significative et mesurée contribuent à laisser émerger la poétisation d’un regard…

Sabine Dacalor - Les Trois Coups

 

…"On leur a donné une conscience, comment font-ils pour supporter tout ça ?". Bourdieu disait un peu cela comme ça aussi. Ce goût de fer dans la bouche, cette souffrance inscrite dans les cœurs d’enfants, ces pelotes de veines douloureuses, comment dépasser tout cela.

Marie-Pierre Bésanger signe ici un spectacle poétique sur notre classe ouvrière qui fond sans savoir ce qu’elle deviendra. L’écriture de Manuel Antonio Pereira nous immerge parmi ceux qui foulent la poussière sous les néons. Il nous fait partager cette hésitation entre désir et désespoir et nous précipite sur cette frontière du réel et de la fiction, qui décidément est bien fragile…
(A propos de Permafrost, à la Maison des métallos)

Anna Grahm - Un fauteuil pour l'orchestre

 

…Marie-Pierre Bésanger rend concrète l’écriture ciselée de Pereira et sa mise en scène minimaliste, toute en nuances, recrée une  vie authentique correspondant "aux mondes du travail", thématique de rentrée à la Maison des métallos.
 Permafrost est un spectacle original, élégant et d’une grande  pudeur, parmi tous ceux qui traitent ce thème…

Mireille Davidovici - Théâtre du Blog