Fadhila
Texte et mise en scène
Aristide Tarnagda
Créé les 26 et 28 septembre 2025
les Francophonies des écritures à la scène
Zébrures d'automne
Dates à venir
12 et 13 novembre 2025 à L'Empreinte (Tulle)
18, 20 et 21 novembre au Théâtre National du Luxembourg
Revue de presse (Extraits)
A l'occasion de la création du spectacle les 26 et 28 septembre 2025
Fadhila, la nouvelle création d’Aristide Tarnagda, bouleverse les cœurs.
Chaque voix successivement retentit de son monologue, chacun dira sa vérité, morceaux de bravoure grandioses servis par des jeux de comédiennes et de comédiens magnifiques, ne lâchant jamais rien et ne cédant jamais au désespoir, la lumière est apportée par une lampe, à peine nécessaire, tant le texte d’Aristide Tarnagda résonne, portant en lui une poésie fracassante, trouée de beauté dans la nuit, une pluie de gombos verts s’abat dans les rires et c’est seulement alors que l’on se rappelle que ce décor est un tombeau. Du très grand théâtre. Annie Ferret pour Africultures, 30/09/25
https://africultures.com/tombe-fraiche-sous-une-pluie-de-gombos/?fbclid=IwZnRzaANLBZBleHRuA2FlbQIxMQABHhu8gjWPkizXupfW3iVrVLswEVMECQtfxlboN4rPeIhUlXALud8mhFo4x8K8_aem_4aDtB-MM2V3Yq_RPrTXhTw
"Une pièce scéniquement aboutie, puissant hommage aux mères luttant à travers les conflits qui désarticulent les liens familiaux. Au-delà du contexte de l’instabilité politique, Fadhila est un texte sur les bases qui nous construisent, sur la complexe question de penser bien faire. La scénographie est accompagnée par l’univers sonore très abouti de Joaquim Pavy."
Chloé Coppalle pour Cult.News, 29/09/25
https://cult.news/scenes/avec-fadhila-aristide-tarnagda-rend-hommage-aux-meres-solides-aux-coeurs-des-tempetes/
"Fadhila", la mère courage burkinabè d’Aristide Tarnagda. "Désormais, j'habite les sacrifices de ma mère…" Un texte poignant, des comédiens et comédiennes au sommet de leur art et une mise en scène ingénieusement pensée et épurée. L’artiste burkinabè Aristide Tarnagda, une des grandes voix du théâtre francophone et également directeur des Récréâtrales à Ouagadougou, a présenté sa nouvelle pièce « Fadhila » au festival des Francophonies – des écritures à la scène, à Limoges, en France. Un hommage à l'écho des mots et aux mères qui disent « non » à la violence. Siegfried Forster pour RFI, 29/09/25
https://www.rfi.fr/fr/culture/20250929-francophonies-fadhila-la-mère-courage-burkinabè-d-aristide-tarnagda
À la manière d’un conte, les morts et les (sur)vivants prennent la parole pour panser les blessures d’une terre ravagée par la haine, la misère et la perte de repères. Car "On ne revient pas du crime… qui verse le sang du frère et de la sœur. De ce crime-là on ne revient jamais. C’est un précipice sans fin." C’est magnifique. Marie-Céline Nivière pour Coups d'Œil, 29/09/25
https://coupsdoeil.fr/2025/09/les-zebrures-dautomne-francophonies-reportage/
Parmi les spectacles coup de cœur du festival, il y a "Fadhila" de l'auteur et metteur en scène Aristide Tarnagda. L'histoire d'une mère dont l'un des fils est parti rejoindre une faction terroriste. Aristide Tarnagda s'est appuyé sur de nombreux témoignages au Burkina-Faso pour écrire sa pièce. Stéphane Capron pour France Inter, 28/09/25
https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/le-grand-reportage-de-france-inter/le-grand-reportage-culture-du-dimanche-28-septembre-2025-6138502
Avec "Fadhila", Aristide Tarnagda se révèle en grand tragédien. Il fait entrer son écriture dans une nouvelle dimension et saisit les enjeux de la tragédie grecque pour mieux l’actualiser. Il la place avec beaucoup de doigté dans une réalité concrète – on entend le nom du président Sankara, des mentions à la Russie, au groupe armé Wagner, à la France –, tout en n’oubliant pas de rendre sa fable universelle, l’inscrivant dans un temps et un espace sans contour. Le tout est relevé par une distribution éblouissante – Safoura Kaboré se révèle en tragédienne intense – et par les somptueuses images ciselées par les couleurs et la lumière imaginées par Marie-Pierre Bésanger. Avec Fadhila, Aristide Tarnagda affirme sa langue unique et sa capacité à créer des images puissantes et communes. Fanny Imbert pour sceneweb, 28/09/25
https://sceneweb.fr/fadhila-daristide-tarnagda/
avec Fadhila, Aristide Tarnagda met un soin, une délicatesse qui, si elle ne peut réparer le mal, rend magnifiquement honneur, ici, aux femmes qui tentent de s'en défaire. Tarnagda tord les archétypes en poussant celles-ci au fond de l'impasse que représente la violence instituée en rapport social absolu. Il le fait avec une grande maîtrise, une langue concrète, généreuse et puissante. Les blessures du Burkina Faso et du reste du Sahel, en proie à une violence quotidienne et brutale, apparaissent à vif. Samuel Gleyze pour L’Humanité, 28/09/25
https://www.humanite.fr/culture-et-savoir/theatre/festival-des-francophonies-de-la-palestine-au-burkina-faso-des-peres-des-meres-et-des-robots (réservé aux abonnés)
De Vive(s) Voix. Pascal Paradou pour RFI. Émission du 01/10/25
Fadhila
Texte et mise en scène : Aristide Tarnagda
Avec
François Copin, Safoura Kaboré, Yaya Mbilé Bitang, David Minor Ilonga, Romane Ponty Bésanger
Scénographie
Marie Pierre Bésanger
Musique
Joaquim Pavy
(Avec les voix de Mohammed Camara et Romane Ponty Bésanger)
Lumières
Marco Hollinger
Costumes
Martine Somé
Administration / Production
Laura Moretti
Diffusion
Fanny Suire / Agence Kiblos
Fadhila est publié chez Actes sud-Papiers
Partenariat de production
Le Bottom Théâtre
Les Francophonies / Des écritures à la scène
Théâtre National du Luxembourg
L'Empreinte / Scène Nationale Brive-Tulle
Commission Internationale du Théâtre Francophone - Conseil des Arts du Québec
Théâtre de l'Union - Centre Dramatique de Limoges
OARA (Office Artistique de la Région Nouvelle-Aquitaine)
Aide à la création de textes dramatiques - Artcena
Fondation de France
Ville de Brive (résidence d'écriture)
Ville d'Uzerche (Résidences de répétitions)
" De toute façon, tu restais ici parce que tu pensais qu'Abdou allait revenir, mais je te l'avais déjà dit : on ne revient pas du crime, pas de tous les crimes, pas du crime qui verse le sang du frère et de la sœur. De ce crime là on ne revient jamais. C'est un précipice sans fin. C'est un voyage sans retour, sans issue. Parce que les Êtres humains sont conviés à l'amour pas au crime. L'amour est la seule faute que Dieu leur pardonne."
(Fadhila - Extrait du texte)
Il y a d'abord la terre, les terres. Les terres blessées, saccagées, gorgées de sang.
Sang du fils. Sang de l'époux. Sang du frère. Sang de la sœur.
Bref il y a l'ensauvagement de l'homme à travers la perpétuation du crime, des massacres, des dominations.
Il y a aussi la terre qui ne suffit plus aux hommes.
Alors ils la dépècent, la triturent, la fouillent de fond en comble.
Il y aussi l'Europe. L'Europe et l'Amérique et leur arrogance et leur mensonge et leur hégémonie séculaire...
l y a aussi les pères.
L'absence des pères. Leurs dos tournés à jamais. Leur silence. Leur Lâcheté.
Il y’a l'égarement, la solitude, la déstructuration des fils.
Leur soif de repères. De sens.
Il y a aussi le sens de l'honneur et de la dignité des femmes, des mères.
Fadhila. Madame gombo.
Il y a surtout leur refus de la désacralisation de la vie.
Deux femmes puissantes qui vont se dresser pour faire visage.
Il s'agira de célébrer le courage et le sens de l'honneur de ces femmes et à travers elles toutes celles et tous ceux qui au quotidien "disent non à l'ombre " en prenant à eux-mêmes quelque chose de vital afin de sauver le souffle commun, la respiration commune, l'humanité.
Sobriété.
Laisser toute la place à l'écho des mots.
À la ferveur des voix.
À l'errance des corps.
À la douceur des chants.
À l'exigence du silence.
Voilà tout.
Aristide Tarnagda